Au bout de l’ennui

Jusqu’au bout du monde (The Dead Don’t Hurt) Un flim de Viggo Mortensen

Avec Vicky Krieps, Viggo Mortensen, et d’autres

Deux heures de mélodrame, sur fond de romance dans un univers de western. Visible par tou(te)s.

La rencontre originale

San Francisco, la seconde moitié du XIXe siècle américain, celui de la montée en puissance concomitante de la conquête de l’Ouest. Sur le port, l’endroit des rencontres improbables, l’immigré d’origine danoise Holger Olsen aborde Vivienne Le Coudy, de souche française canadienne et résolument moderne. Ils décident très vite de fonder un monde nouveau au Nevada, bien avant Las Vegas.

Le choix cruel

Hélas, la guerre de Sécession éclate (1861-1865). N’écoutant que son passé d’officier militaire dans l’armée danoise, davantage excitant que son quotidien de journalier névadien, Olsen s’engage. Il se justifie d’idéals progressistes et de démocratie participative, bien avant le Réseau social. Vivienne se retrouve seule. Rudolph Schiller, le maire très pragmatique et Alfred Jeffries, le tout puissant propriétaire terrien, avec lequel le maire s’arrange, ont des vues sur Viviane, désormais promue héroïne du film. Sans commune mesure avec ces deux vieux mâles alpha des temps anciens, Viviane redoute Weston, le fils Jeffries, l’héritier sans limite.

La terrible réalité

Afin de ne pas divulguer l’affaire, signalons cependant, qu’au retour du front, soit plusieurs mois après son départ, voire plusieurs années pour des raisons de crédibilité scénaristique… quand Olsen s’en retourne du front, elle et lui ne sont plus les mêmes.

Jusqu’au bout du monde de (et avec) Viggo Mortensen annonce une trame bien-pensante : une espèce de couple bobo avant l’heure. Migration, parité, reconnaissance indiquent la volonté de cocher les bonnes cases. Tout cela nous éloigne du puissant et mémorable The Homesman de (et avec) Tommy Lee Jones. Jusqu’au bout… est juste orienté, à la limite de l’anachronisme et parfois de la caricature. La scène de clôture arrive beaucoup trop tard, comme en témoignèrent les ronflements soutenus de mon infortuné voisin de salle.

Merci à Paul Cuvelier pour la vignette extraite de Corentin chez les peaux-rouges ©Le Lombard Cuvelier