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Mon rôle dans la chute d’Adolf Hitler (Tome 1)

suivi de

Opération renard du désert (Tome 2)

Spike Milligan

Wombat

 

« Jusqu’à présent, on s’était bien marrés, à présent nous partions pour le moment de vérité. »

Mon rôle dans la chute d’Adolf Hitler relate la participation de Spike Milligan au second conflit mondial. Il revient sur la période consacrée aux classes militaires. Ayant eu la bonne idée de voir le jour il y a 100 ans, cela explique une convocation sous les drapeaux – la conscription aujourd’hui disparue – en juin 1940, c’est-à-dire durant une période trouble. Deux cents pages au cours desquelles on progresse dans les pas du jeune Spike. À la suite de ce terrible « Nous déclarons la guerre », l’auteur passe en revue toute la préparation psychologique au métier d’artilleur en guerre, depuis ses divers cantonnements en face du Continent occupé, jusqu’à sa participation physique au conflit mondial. Milligan entre en guerre à partir de 1943, au départ de l’Algérie. Il livre d’ailleurs quelques remarques pertinentes sur la condition des Indigènes.

Des souvenirs de troufion vu par un Londonien, d’où cette forme de distance que n’ont plus les Français de l’époque, trop occupés à collaborer, ou non. Des mémoires à travers lesquelles on décèle la montée en puissance d’un pays dans l’économie guerrière et l’implication croissante de l’artilleur Milligan. L’arrivée du général Montgomery signifie un retournement de situation. Après avoir subi les bombardements, ce fameux « effort de guerre » britannique est palpable dans les écrits de Milligan, que ce soit l’arrivée de nouveaux vêtements, de matériel de combat en état de tuer des ennemis, avant l’opération de transfert d’un corps d’armée par la mer.

 

Opération renard du désert

 

« Je me retrouvai seul dans un trou en Afrique. À ce moment précis, parmi les nations en guerre, il y avait littéralement des centaines de milliers de petits bonhommes plantés dans des trous. »

Trou au sens premier du terme, soit une cavité de dimension variable, naturelle ou creusée à dessein dans le sol ou dans un autre élément. Ici même dans le sol et à dessein, celui de se protéger. Le tome second des aventures de guerre de Milligan rapporte par le menu la progression anglaise en Afrique du Nord (Française) de janvier à mai 1943. Si le ton détaché du premier tome est encore présent, le contexte est différent. À la préparation subie des années précédentes succède une offensive militaire, avec ses tourments vécus. La mort est omniprésente. Entre la fatigue et le stress, Milligan tente de prendre du recul, ne serait-ce que pour éviter les tirs ennemis.

 

Pourquoi faut-il le lire ?

Spike Milligan était le maître d’œuvre de l’émission radiophonique GOON, faisant la part belle à cette forme d’humour qu’est le non-sens. Avec Harry Secombe, le moins connu, le troisième larron se nomme Peter Sellers ; il fera une monstrueuse carrière dans le rôle de l’inspecteur Clouseaux. GOON passe sur la BBC de 1951 à 1960. L’émission sera entendue avec attention par le jeune Michael Palin. Ce dernier, accompagné de quelques amis reprennent cet esprit et le portent à la télévision dans une émission inégalée : le Monty Python Flying Circus.

Mon rôle dans la chute d’Adolf Hitler couvre la première période (1940-1943). Opération renard du désert détaille avec précision l’intérieur du conflit (janvier à mai 1943). Milligan rapporte de nombreuses anecdotes en utilisant sa notoriété future pour rassembler des documents et autres témoignages, un véritable travail de mémoire. En parallèle de cet esprit initial quelque peu potache (surtout dans le tome 1), si ce n’est le propre du jeune homme à la maturité en devenir (20 ans), la musique – le Jazz en particulier – et l’amitié (il se rappelle le nom de tous ses camarades) servent d’exutoire.

Des souvenirs à hauteur d’homme, non pas une glorification de la chose militaire, mais l’expression peut-être la plus appropriée de l’absurde, durant la pire période possible pour l’humanité : une guerre mondiale.

Spike Milligan, l’homme qui a fait rédiger en gaélique sur sa pierre tombale :

« Je vous avais dit que j’étais malade. »

 

 

 

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