Goscinny’s not dead

René Goscinny, Au-delà du rire

Catalogue d’exposition, Collectifs

Éditions Hazan, 2017

 

Sérieusement drôle


40 ans après sa mort d’un humour noir, une crise cardiaque lors d’un test d’effort chez son cardiologue, René Goscinny entre au musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme pour une rétrospective. Des originaux de scénarios, un grand nombre de planches signées Uderzo, Franquin ou Jigé l’accompagnent. Beaucoup de documents inédits extraits des archives familiales célèbrent celui qui réconcilia culture savante et culture populaire.

Né à Paris en 1926, le jeune René passe son enfance à Buenos Aires, Argentina, où travaille son père Stanislas. En 1945, à peine bachelier, direction New York, il jobe dans l’illustration, rencontre le dessinateur belge Joseph Gillain, qui lui présente Morris, jeune auteur d’une série intitulée Lucky Luke.

 

Le scénariste professionnel

En 1951, il découvre Paris, sympathise avec Uderzo et entame Oumpah-Pah. Peu après, Morris lui demande de scénariser Lucky Luke :  le « poor lonesome cow-boy » devient « l’homme qui tire plus vite que son ombre ». Cette fructueuse collaboration marque une étape dans la réalisation d’ouvrage de bande dessinée. En 1956, Goscinny annonce les futurs EGBD avec le scénariste Jean-Michel Charlier. Mis à la porte de l’agence World Press, il rejoint le Journal de Tintin et reprend Oumpah-Pah avec Uderzo. Dans un autre registre graphique, le partage de souvenirs personnels avec Jean-Jacques Sempé, sous la forme de feuilleton illustré, donne naissance aux aventures du Petit Nicolas. Plus tard, il popularise la volonté de « devenir calife à la place du calife » avec Jean Tabary, dans Iznogoud, grand vizir du calife Haroun El-Poussah (1962). Pas encore rassasié, le lancement du magazine Pilote lui permet de présenter Astérix. Le petit gaulois s’empare alors de l’histoire de France pour mieux la parodier.

 

Pilote, « le grand magazine illustré des jeunes »

En 1959, les compères Goscinny, Charlier, Uderzo, plus quelques autres, créent Pilote, un hebdomadaire associant bande dessinée et actualité, telle la revue dessinée de l’époque. Devenu rédacteur en chef, il associe à l’aventure la génération baby boomers, c’est-à-dire les Gotlib, Fred, Bretécher, Reiser, Druillet, Giraud « Moebius », Christin, Mézières, jusqu’aux jeunes Bilal et Tardi. L’ambiance sérieusement drôle accouche du cadre artistique dans lequel se développe la bande dessinée adulte. Des turbulences, faisant écho aux mouvements de mai 1968, conduisent Goscinny vers d’autres aventures.

Ce catalogue d’exposition, inspiré par La liberté d’en rire[1] propose de tendres photos, de la prime enfance à la caricature de la famille nazie, l’original du bac, option Philo, des photos regroupant diverses personnalités rencontrées à New York, des courriers syndicalisants, et surtout une quantité de planches originales impressionnante, nombre de témoignages maintenant historiques.

Bercé de culture juive, éduqué en Argentine, faisant ses classes à New York, Goscinny a contribué par son œuvre artistique et ses desseins économiques, au passage d’un divertissement à destination de l’enfance vers « le neuvième art » en proposant une vision synthétique et tendrement caricaturale de la France des Trente Glorieuses.

[1]. Pascal Ory, Perrin 2007.

 

 

 

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