Big Bazar

Telle la goutte d’eau sur une vitre froide, Problémos glisse de la comédie décalée vers Max le Fou, le 2, une formidable ambiance post-apocalyptique chargée de promesses et source de bonne humeur.

Au retour des vacances, Jeanne, Victor et leur Margaux stoppent chez l’ami Jean-Paul, le bienveillant professeur de Yoga reconverti dans la ressource humaine au sein d’une ZAD. Cette écriture de l’actualité présente des stéréotypes radicalisés devant le Tout Marché, promoteurs d’une alternative hippy vintage occupant une prairie afin d’éviter sa transformation en parc aquatique.

Devant l’insistance de Jeanne, Victor « Judor » poursuit l’immersion au milieu de la yourte, dortoir communautaire. Entre résistance passive à la technologie et opposition forcée face aux CRS, une pandémie foudroyante transforme ce groupe d’élus en avenir de l’humanité. Tout devient enfin possible.

Les scénaristes Noé Debré et Blanche Gardin s’en donnent à cœur joie. Les psychologies d’ouverture sont déglinguées : la lesbienne dominatrice autocratique, le shaman clochard sacrifié, la bourgeoise convertie salope, l’agent immobilier altruiste, le yogiste leader qui perd la tête, la Jeune, accro au réseau social flirtant avec la schizophrénie, l’excellent M. Fraise en proue de la lutte féministe et en proie à des difficultés d’élocution.

Toute la force du film repose sur cette frontière permanente piétinée par les auteurs. On frôle souvent la vision réac’, et la réplique suivante  bascule dans l’humour. Tant dans le découpage que dans le propos général, jusqu’où peut-on aller, de l’enfant sans nom à l’ex djihadiste égorgeur, de la diplomatie à l’affrontement. À voir.

 

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