L’Indien d’Amérique dans la bande dessinée francophone – 3 – De Jerry Spring à

De la revue à l’ouvrage

 

Les Indiens ont connu des fortunes diverses dans les revues de Bande Dessinée franco-belges. Dans Spirou, la plus ancienne (1938), le dessinateur belge Joseph Gillain (1914-1980) alias Jijé, présente le cow-boy Jerry Spring accompagné par l’Apache Une seule flèche et le débonnaire Pancho. De 1954 à 1980, la qualité du graphisme et du scénario font de Jerry Spring un cow-boy humaniste et pacifiste, qui figure le véritable père caché de Blueberry.

Tintin, le journal des jeunes de 7 à 77 ans, propose en 1956 Corentin chez les Peaux-rouges, du talentueux Paul Cuvelier, mais aussi l’Indien qui fait rire, Petit Caniche, dans la série Chick Bill de Tibet (1953), ou encore Oumpah-pah (1958) du tandem Goscinny-Uderzo, humoristique précurseur du petit Gaulois.

Vaillant, l’hebdomadaire des éditions éponymes, alors proche du parti communiste français, propose une ligne éditoriale à message. Devenu Pif Gadget en 1969, la revue propose dès le n°2, en mars, 1969 les aventures de Loup Noir. Scénarisé par Jean Ollivier et dessiné par Roger Chevallier, Loup-noir est un métis de père Apache et de mère Sioux, qui se déplace d’une tribu à l’autre dans la région de Fort Laramie, accompagné du jeune Sioux Petit-Nuage et du trappeur Shorty. D’aspect didactique, le trio révèle les problèmes rencontrés dans les campements visités, critiquant ainsi indirectement le modèle impérialiste américain.

Avec Pilote, nous assistons à la naissance d’un magazine qui, pour la première fois, fait la synthèse entre un lectorat devenu adulte et une bande dessinée qui a mûri. Goscinny, le rédacteur en chef, propose un style pertinent qui bouscule les codes de l’illustré traditionnel. Les Indiens sont présents avec Bison noir, dessiné par Lucien Nortier. Scénarisé par Guy Berthet puis Jacques Ledrain (1959), de facture classique, il est adapté d’un feuilleton à succès de Radio Luxembourg. Les Indiens Pawnee sont accusés d’avoir tué un Blanc et leur chef Serpent Rouge meurt lors de représailles. Son fils Bison noir, aidé du sergent Benton, recherche le vrai coupable. Nortier dessine ensuite un Cochise d’après le film Flèche Brisée de Delmer Daves (1950). Cependant ces deux personnages, qui ne paraissent pas sous forme d’album, s’effacent derrière le nouveau western de Pilote Fort Navajo.

 

Extrait mis à jour de l’article de William FOIX publié dans Un continent en partage, Cinq siècles de rencontres entre Amérindiens et Français, Gilles Havard (dir.), Les Indes Savantes, 2013.

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